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Michel le Brave et la première union des pays roumains (1600)

Michel le Brave naquit vers 1558, dans une famille de boyards d’Olténie, et devint prince de Valachie en 1593, grâce à l’aide des grands boyards Buzescu et d’Andronic Cantacuzène. Il régna jusqu’en 1601. Pour ne pas dépendre des Turcs, il chercha un appui dans des alliances avec d’autres États chrétiens. En 1594, il rejoignit la Sainte Ligue, aux côtés du prince de Transylvanie Sigismond Báthory et du prince de Moldavie Aaron le Tyran. En novembre 1594, il engagea la guerre contre les Ottomans en massacrant les créanciers turcs de Bucarest, puis attaqua les garnisons du Danube.

La bataille de Călugăreni, le 13/23 août 1595, est l’affrontement le plus célèbre de Michel. Son armée, bien plus petite, affronta celle du grand vizir Sinan Pacha. Bien que les Roumains aient remporté une victoire tactique, ils durent se retirer vers les montagnes, en raison de la supériorité numérique de l’ennemi. Puis, avec l’aide transylvaine, Michel passa à l’offensive en octobre 1595 et libéra Târgoviște, Bucarest et Giurgiu. En 1598, il s’allia aussi avec l’empereur Rodolphe II de Habsbourg, dont il reconnut la suzeraineté tout en conservant en fait sa liberté d’action.

En 1599, après que le prince André Báthory, allié de la Pologne et de l’Empire ottoman, eut menacé la Valachie, Michel marcha vers la Transylvanie. Le 28 octobre 1599, à Șelimbăr, près de Sibiu, il vainquit l’armée de Báthory. Le 1er novembre 1599, il fit son entrée triomphale à Alba Iulia. Il devint ainsi maître de la Transylvanie, comme lieutenant de l’empereur, et les Roumains de Transylvanie, réduits depuis des siècles à un état d’inégalité, accueillirent ce changement avec espoir. La noblesse hongroise se montra cependant hostile, et les relations avec les Habsbourg demeurèrent tendues.

Au printemps 1600, Michel entra en Moldavie, à la suite d’un conflit avec le prince Jérémie Movilă, soutenu par les Polonais. Le 27 mai 1600, il occupa Suceava et se proclama prince de Moldavie. Son titre devint « Io Michel Voïvode, par la grâce de Dieu, prince de Valachie, de Transylvanie et de toute la Moldavie ». Pour la première fois, les trois pays roumains étaient réunis sous une seule direction, réalisation politique remarquable, dont les historiens interprétèrent plus tard la portée comme annonciatrice de l’idéal national moderne.

L’union ne dura que quelques mois, menacée de toutes parts. Les nobles transylvains se soulevèrent, et les Polonais envahirent la Moldavie. Michel fut vaincu à Mirăslău, en septembre 1600, et perdit la Transylvanie. Il dut demander l’aide de l’empereur Rodolphe, qui le reçut à Prague, puis, avec le général Giorgio Basta, il vainquit l’armée de Sigismond Báthory à Guruslău, en août 1601. Quelques jours plus tard, le 9/19 août 1601, Michel fut assassiné à Câmpia Turzii, sur l’ordre de Basta. Nicolae Bălcescu en fit un symbole national dans son ouvrage « Les Roumains sous Michel le Voïvode Brave ».